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17 décembre 2012

Enlarge your practice ! Architecture et cultures numériques


S'arrêter, stopper, achever, aucun de ces termes ne parvient vraiment à designer la fin de l’aventure que représente la tenue d’un blog durant trois ans. Plusieurs années à tenir ce journal numérique dédié à l'architecture et aux productions urbaines contemporaines, comme un programme de recherche constamment actualisé. Faire de l’architecture un sujet plutôt qu’un objet d’information et développer le projet éditorial initial du site : parler de tout ce qui fait l'architecture et de tout ce qui lui fait défaut. Plusieurs années de partage, de découvertes, d’intuitions et d’informations stimulantes qui forment la chronique des années 2010, une décennie que l’acronyme GAFA résume bien. Les années Google, Apple, Facebook et Amazon…

C’est en fait peu de dire que l’informatique à profondément transformé la pratique architecturale. Sa démocratisation dans les années 1990, son adoption rapide dans les agences d’architecture et son intégration à marche forcée dans l’enseignement supérieur l’ont rendu incontournable, indispensable. De fait, l’informatique modifie de manière concrète les modes de production, les techniques de dessin, l’organisation du travail, les critères d’appréciation et d’évaluation des bâtiments, voire la conception architecturale elle-même.

On peut relire, amusé, un article du Monde Diplomatique « Faxer ou périr », illustrant les progrès des entreprises suite à l’avènement du fax et des premières télécommunications : « 1 080 fois plus rapide que le courrier et 7,5 fois plus que le télex, la télécopie arrivait à point nommé pour faire face à ce changement profond de temporalité ». Cependant, la disparation de cette technologie somme toute assez éphémère, ne peut que nous amener à la circonspection et à une critique des technologies informatiques sur un temps long.

Tout comme la pratique de la maîtrise d’œuvre, la diffusion de la culture architecturale, l’accès à l’information, en un mot le savoir des architectes à lui aussi été bouleversé par les apports de l’informatique et de la communication. D’innombrables données sont instantanément disponibles, des publications rares accessibles gratuitement, des contenus factuels, photographiques ou techniques en consultation libre... L’ensemble de ces documents forme une ressource quasi-infinie, une somme d’information à même de répondre à tous les questionnements des architectes et du grand public. Convocable à la demande, cette mémoire externe représente à la fois une opportunité sans équivalent de partage et de diffusion du savoir architectural et sa limite même, incarnée par le recours systématique à un nombre réduit de moteurs de recherches et à quelques encyclopédies on-line qui conduit paradoxalement à un rétrécissement du champ intellectuel de la discipline.

Quel que soit son support, la production de contenus et la diffusion de la culture architecturale se fait aujourd'hui à destination d’un public ou d'un lectorat clairsemé. Un public d’autant moins nombreux que la spécialisation des pratiques des agences d’architectures va croissant et que les réflexions de l’architecture et l’urbanisme semblent se développer en marge des débats de société. L’audience et l’appétence du public pour l’architecture, son actualité scientifique, ses événements culturels, ses distinctions ou ses projets remarquables est de fait extrêmement variable. Bien que des formes d’attachement, de fidélité ou de communautés se développent sur le web, les usages d’internet accentuent la volatilité de l’intérêt pour l’information d’architecture et la fidélité de ce public versatile n’est évaluée qu’à l’aune de l’immédiateté.

L’offre des sites web, blogs, comptes Tumblr ou Twitter, témoigne du profond éclatement intellectuel du milieu architectural et d’un traitement superficiel de l’information accentué par les syndromes du copier-coller, du share, du Like ou du RT qui dupliquent un contenu original sans plus-value de traitement… Des symptômes finalement assez similaires aux reproches récurrents adressés aux médias traditionnels. Pourtant, internet pourrait être un puissant vecteur, fédérant des diverses consommations personnelles de l’information et des contenus d’architecture. Les pratiques médiatiques pourraient suivre le temps propre de cet outil : un temps à la fois contracté et diffus. Contracté car une information, un événement ou une prise de position polémique peuvent être diffusés dans l’instant. Diffus car la consultation du web est intemporelle et la pertinence des contenus est directement mise à l’épreuve par leur disponibilité perpétuelle. Ainsi, le numérique semble devenir le règne éternel de l’instant.

Si le monde anglo-saxon a profité de l’éclosion des sites et blogs consacrés à l’architecture et rapidement considéré les producteurs de contenus comme des acteurs crédibles du débat architectural, ce n’est pas le cas en France. Cette reconnaissance institutionnelle s’est traduite par l’intégration de ces auteurs aux circuits de diffusion habituels : Geoff Manaugh (BLDG Blog) intervient dans de nombreuses manifestations universitaires SCI-ARC, Berkeley, Penn ou UCL, Leopold Lambert (The Funambulist) a publié récemment un essai tiré de son blog chez dpr-barcelona, Steve Parnell (Sesquipedalist) à soutenu un doctorat alors qu’il rédigeait son blog alors que Michiel van Raaij (Eikongraphia) est devenu rédacteur en chef de architectenweb.nl. Les contenus et axes de recherches développés indépendamment sur les blogs ont donc été progressivement relayés et intégrés à d’autres formes de communication.

Sur le web francophone, la quasi-totalité des publications on-line ne bénéficie d’aucun appui médiatique ou relais institutionnel. Ce manque d’intérêt pour les cultures numériques est flagrant lorsqu’on observe l’absence de traitement et de reconnaissance réservé au site d’information Archicool de Jérôme Auzolle à moindre degrés d’autres blogs en regard du traitement, par exemple, des livret promotionnels édités par des agences d’architecture ou de publications étudiantes. Pourtant, la réflexion sur les apports des technologies au champ architectural est menée depuis les années 1970. On en retrouve des traces dans les dossiers spéciaux de Technique et Architecture en 1971 et 1983, d’AMC en 1992 ou dans les articles d’Odile Fillion consacrés aux balbutiements d’internet. Mais le développement sans précédent d’internet et de ses usages au milieu des années 2000 n’a semble-t’il jamais fait l’objet d’une réflexion approfondie.

La production de contenus sur internet, la maîtrise ou la prolifération de l’information renvoie à de nombreux enjeux éthiques. Etre producteur représente un engagement franc en faveur de l’accessibilité du savoir. Une contribution individuelle, certes, mais potentiellement fédératrice. Un engagement fondé sur la gratuité, conforté par l’anonymat, sans publicité et sans course à l'audience... Diffuser l’actualité, publier librement des études inédites, partager gratuitement des critiques constructives constitue de fait une contribution désintéressée au champ de l’architecture.

Le blog Autour de l’architecture était conçu comme un propre producteur de contenu et non comme un banal relais d'information. Toujours problématique, parfois anecdotique, il proposait, environ une fois par semaine, des lectures critiques de projets, des informations à contretemps et des tentatives ludiques de corrélation. Forme médiatique inédite, un blog consacré à l’architecture peut intrinsèquement permettre l’émergence de nouvelles formes de transmission et de création de savoirs sur l’architecture. Il est par essence multimédia, puisque le support informatique permet d’intégrer des images, des documents in-extenso, des vidéos ou encore des morceaux de musiques. Il est à même de promouvoir un renouveau du discours architectural qui se nourrisse des cultures numériques en mettant à l’honneur la procrastination, l’hypertexte, la sérendipité ou l’agrégation de contenus…

Le titre du blog forme à la fois un programme « autour de l'architecture » et un slogan « au tour de l'architecture ». Il témoigne d'une position singulière puisque la définition de l'architecture qui le sous-tend n'est pas monolithique, ne procède pas d'un entre-soi disciplinaire, mais au contraire propose une identification progressive de l'architecture à travers ses manifestions et représentations. L’architecture observée et pensée à partir des ses franges ; ce qui entoure la pratique et les productions architecturales considéré comme un milieu matriciel. Ainsi, le blog envisage la formule liminaire de la loi de 1977 sur l'architecture « l'architecture est une expression de la culture » comme un énoncé contenant déjà une problématique. Si on a peu à peu reconnu qu'il existe de l'architecture sans constructions mêmes, qu'il existe de l'architecture sans architectes, il est temps d'admettre qu'il y a sûrement plus d'architecture hors d'elle même que dans son acception conventionnelle.

En tant que processus intellectuel visant à l'aménagement de l'espace, l'architecture existe dans des éléments aussi divers qu'un catalogue d'ameublement, des fragments de vie professionnelle, une chanson à la mode, une politique publique de gestion immobilière, une publicité pour une marque de spiritueux ou des mots-croisés... Les archives du blog constituent le témoignage continu de cette prise de position. Tant individuellement que dans leur ensemble, les notes manifestent peu à peu l'épaisseur des pratiques de l'architecture, soulèvent les enjeux critiques de ses représentations et dévoilent les champs insoupçonnés qu'elle structure.



En vous remerciant tous, simples passants ou visiteurs fidèles, architectes ou amateurs, pour votre intérêt, pour vos interrogations ou pour le référencement du site sur le web.
Antoine Autarc

26 septembre 2012

Recap

Un petit point transparence et d’open data. L’année dernière, vous avez effectué près de 17 000 visites sur le site. Des 28 notes publiées, les notes les plus consultées auront étés « Les Claudettes », « S’il m’enterre » et « Bref ». L’occasion de les relire ou d’une découverte pour certains, puisque 65% des visiteurs du site le font pour la première fois.

 
Intéressés par l’architecture et le champ artistique, vous êtes souvent équipés par la marque à la pomme : 54 % sur windows, 43 % sur apple, mais seulement marginalement sur Linux (0.71%) et Ipad (0.54%).

Je vous épargnerai les communiqués de presse et les « propositions d’échange de visibilité » qui nous ont été adressées. J’ai par contre été agréablement surpris par les mails de deux photographes. Stéphane Chalmeau a fait de l’architecture contemporaine le principal sujet de son travail et réalise de nombreuses séries liées à la réalisation d’un édifice. Tandis que Vivien Ayroles s’est attaché à une campagne photographique à ras du sol, inventoriant les jardins de béton des résidences des années 1970.

Vous pouvez découvrir leur travail sur leurs sites :

 Deux exemples qui réactualisent l’objet du blog : penser et créer autour de l’architecture.

2 septembre 2012

Sans les mains


« Quelle place occupe l’architecture dans l’imaginaire des sociétés post-industrielles ? » C’est par cette interrogation que s’ouvre un article consacré par le sociologue André Gunthert à la figure de l’architecte dans Inception de Christopher Nolan (disponible on-line ici). Un questionnement que nous partageons, et un champ de recherche que nous traversons et balisons peu à peu. 
 
L’auteur détaille le rôle du personnage incarné par Leonardo DiCaprio et l’analyse comme un concepteur de fiction ou plutôt penseur d’illusions. L’article questionne les représentations même de ce qui constitue l’imaginaire architectural du personnage et s’ouvre sur la conviction que l’architecte reste une figure puissante des processus de projection, d’imagination du monde. 



Cependant, le texte fait référence par deux fois à Le Corbusier, une fois au style international et une au mouvement moderne. Cette référence, ou révérence des sciences sociales envers Le Corbusier m’interroge. En effet, si Le Corbusier a eu de multiples activités et a pris de nombreuses positions éclatantes, il forme une figure complexe, d’autant plus difficile à utiliser que sa postérité est sujette à interprétation. S’agit-il d’un prisme francophone, d’un statut de reconnaissance ou d’un degré de célébrité ? 

La période d’activité architecturale et intellectuelle de Le Corbusier courant de 1920 à 1965, voit-on dans les publications scientifiques d’aussi fréquentes références à l’œuvre de ses contemporains ? Erwin Panofsky pour l’histoire de l’art, Helan Gaige en zoologie Blaise Cendrars pour la poésie, Louis Jouvet pour le théâtre ou encore Ralph Linton pour l’anthropologie ? 

Sans lui, le texte de Gunthert est tout aussi éclairant. Sans lui, on peut considérer que le déplacement d’objet d’étude nécessite un déplacement des référents à même de le penser. Sans lui, il est tout aussi légitime, voire plus, d’inventer de nouvelles méthodes analytiques des faits urbains et de leurs représentations. 

Voir : 

3 août 2012

Fatigue

Il est des moments ou la curiosité et l’enthousiasme cèdent le pas à une certaine lassitude. C’est alors qu’il est utile de pouvoir s’enfuir par une sortie dérobée, de disparaitre à l’aide d’une trappe ou de se glisser dans un passage secret.



Nous reviendrons surement au mois de septembre, je l’espère par la grande porte pour continuer à partager ces réflexions et notes autour de l’architecture.

 Bonne vacances à tous.


Voir :
http://hiddenpassageway.com

26 juillet 2012

Ca se passe comme ça ?

Les jeux olympiques débutent à la fin de semaine. Entre les diverses compétitions, certains ne manqueront pas de saluer la prouesse technique de l’Orbit d’Anish Kapoor et Cecil Balmond ou de s’intéresser au dessin du vélodrome olympique de Hopkins architects. D’autres n’y accorderons aucune importance et profiterons d’un repos mérité en cette période estivale. Mais certains feront une synthèse inédite. Ils s’assiéront dans un Byron à Londres et commanderons un bon hamburger.


Byron est une petite chaine de restauration qui a décidé consciemment d’allier une forme d’éthique alimentaire à son identité architecturale. Ainsi, les lieux qu’elle investi sont mis a nu, les briques révélées, les modénatures conservées, les planchers désossés, les gaines de ventilations assumées. Un mobilier contemporain soigneusement choisi pour contraster avec la simplicité voire la brutalité du traitement architectural. 


Pour le volet culinaire, la ligne de conduite du fondateur de Byron, Tom Byng, est claire : 

" We source good beef from Scotland. We mince it fresh every day. We cook it medium so it’s pink, juicy and succulent. We place it in a soft, squishy bun with minimum fuss and fanfare. We serve it with a smile in a comfortable environment. And that’s it."

" Nous avons des fournisseurs de boeuf en Ecosse. Nous le hachons nous-même chaque jour. Il est cuit à point et servi rosé, juteux et tendre. Nous plaçons le steak dans un pain moelleux avec un minimum d’accompagnements ou de gesticulations. Nous le servons avec le sourire dans un environnement confortable. Et c’est tout ! "


Il est tout à fait surprenant que cette conscience gastronomique soit littéralement traduite dans l’architecture de ces restaurants et pourtant c’est le cas. Plusieurs restaurants réalisés par les architectes Alex Michaelis et Tim Boyd proposent une réhabilitation minimale d’immeubles victoriens. Les architectes transforment alors le slogan de la firme en leitmotiv architectural.

 “ Do a simple thing well, and do it properly ”

 


Voir : 

28 juin 2012

Un peu de généalogie


La diffusion des formes architecturales dresse souvent des histoires surprenantes. Cette mécanique, qui transforme une référence architecturale en véritable paradigme, génère ce que l’on appelle communément un tubard, c'est-à-dire un dispositif architectural que l’on retrouve dans de nombreux projets, comme le marqueur d’une époque. 

 Ainsi, la loggia colorée au sein d’un immeuble d’habitation constitue un motif dont les architectes semblent ne jamais se lasser, quoique le temps passe… Récemment deux projets ont employé, presque à l’identique ce registre plastique. Il s’agit des trois plots de l’opération Horizon Sud à Evry de Beckmann-N'Thépé, actuellement en construction. 


Ou encore l’agence KOZ (Christophe Ouhayoun et Nicolas Ziesel) pour une résidence étudiante à Paris conçue en 2007 et livrée en 2012. 

 

On assiste en fait là à une transposition de la grande loggia du bâtiment Mirador réalisé par MVRDV à Madrid entre 2001-2005. 


A moins que le groupe MVRDV ne se soit lui-même inspiré de l’IJ Tower conçue et construite entre 1993 et 1998 par Neutelings – Riedijk à Amsterdam. Une filiation qui confirmerait la fascination exercée par l’architecture hollandaise sur nos deux premiers exemples de « jeunes » architectes français de la French Touch. 


 Mais on pourrait remonter plus loin, notamment à la réalisation de certaines « fenêtres urbaines » dans les années 1980-1990, et notamment la rénovation de la barre Balzac à La Courneuve, réalisée par Laurent Israel en 1989 sur les bâtiments existants de Clément Tambuté et Henri Delacroix construits entre 1956 et1966. 


S’il est séduisant de lire et composer cet arbre généalogique, il nous faut souligner que ces filiations et répercussions sont sans aucun doute redevables aux unités d’habitation corbuséennes qui forment cette association de larges balcons singularisés par des couleurs vives. Une combinaison gagnante, toujours d’actualité… 

 

Voir :
http://www.koz.fr/ 
http://www.b-nt.biz/ 
http://www.mvrdv.nl 
http://www.neutelings-riedijk.com

3 juin 2012

Affiches





Entre le festival de Cannes et la sortie du film aux relents de clip auto-promotionnel « How Much Does Your Building Weigh, Mr Foster ? », l’actualité tourne autour du cinéma. L’occasion de céder au détournement parodique d’affiches de films qui font les beaux jours du web. 

Forcément architecturale, voici une modeste contribution à la LOL culture. 





 



16 mai 2012

Le costume


Il avait la tête de l’emploi. Sa démarche à la fois maladroite et confiante. Sa veste noire ouvrant négligemment sur un t-shirt sombre ou, je ne me souviens plus, une chemise noire également. Son crâne rasé, tout juste couvert d’un fin duvet. Son air batave et ses yeux vifs. Ses mains agiles l’aidant à appuyer son propos. Sa voix tendre et pourtant consciente de son pouvoir, sautant de récits en anecdotes. 

Il ressemblait tant à un architecte. 

 


Pourtant cet homme est l’écrivain et cinéaste belge Jean-Philippe Toussaint, auteur de La salle de bain et du génial La télévision. Un auteur si proche des architectes que chacun des titres de ses ouvrages forme une véritable déclaration programmatique. La patinoire, Faire l’amour, Fuir, tant de lectures stimulantes… 



Voir : 

1 mai 2012

L’histoire de Maggie

Nous sommes dans l’entre deux tours de l’élection présidentielle française et Nicolas Sarkozy semble se rapprocher de la retraite ; se trouver entre la vie et la mort politique. L’occasion de répondre à Charlotte qui cherche des informations sur les rapports entre médecine, soins et architecture et qui s’interroge sur la capacité de l’architecture à améliorer la prise en charge des patients. Existe-t-il des invariants architecturaux propres à ces lieux ? 


A l’échelle de la médecine de proximité, les cabinets de médecin ou de soins dentaires japonais font parfois l’objet de projets surprenants comme celui de Hiroki Tanabe, c’est beaucoup moins le cas en Europe. L’ouvrage de référence sur les typologies hospitalières et la résolution architecturale des questions d’hygiène et de soins médicaux est le livre collectif et pluridisciplinaire, assez passionnant de Michel Foucault, Blandine Kriegel, Anne Thalamy avec les contributions proprement architecturales de Bruno Fortier et François Béguin : Les machines à guérir : aux origines de l'hôpital moderne, Liège, Mardaga, 1979.

Mais depuis les grands hôpitaux du 19ème siècle, les contraintes techniques des programmes hospitaliers brident l’apport des architectes et de l’espace en tant que médiation thérapeutique. Le livre-témoignage de Pierre Riboulet, Naissance d’un hôpital, publié en 1989 relate ainsi la délicate création de l’hôpital pour enfants Robert Debré. 

C’est paradoxalement dans les unités de soins les plus lourdes que les architectes ont l’opportunité de proposer des formes architecturales innovantes. En fait, c’est dans les unités de soins palliatifs, ou la fin est inéluctable et la médicalisation est moins envahissante que l’apport des architectes est le plus important. En témoigne l’initiative britannique des Maggie’s Cancer Caring Center, un réseau d’une douzaine d’unités qui traitent de patients en fin de vie. Crée à la suite de la maladie fatale de Maggie Jencks, épouse du célèbre critique de l’architecture Charles Jencks, ces bâtiments sont tous issus d’une réflexion soignée, ou plutôt d’une pensée de l’architecture comme soin. Les édifices sont adjoints à de larges unités hospitalières mais ils fonctionnent comme des unités domestiques. L’institution compte des ainsi des réalisations de Page-Park architects, Zaha Hadid, OMA ou Wilkinson-Eyre.


Des espaces de vie autant que de maladie. 



Voir : 

15 avril 2012

Myam

Le monde de la gastronomie et de l’architecture se croisent de temps en temps. La plupart du temps à l’occasion de l’ouverture d’un restaurant, comme l’Opéra Restaurant, réalisé dernièrement par Odile Decq dans le bâtiment de Charles Garnier. Comme dans le débat muséographique sur la « white box », la fameuse boite blanche proposant un environnement « neutre » à la perception des œuvres d’art, le contenant et le contenu entrent bien souvent en concurrence. L’énergie mise dans le décor est bien souvent absent de l’assiette ou inversement, la cuisine dépasse de loin la platitude du lieu. Mais je n’en dirais pas plus, je n’ai pas essayé le restaurant de l’opéra de Paris, ni le Dauphin, le restaurant réaménagé par Clément Blanchet pour l’OMA, qui a défrayé la chronique l’année passée (voir l’article du Figaro).

Parlons plutôt de photographies culinaires qui empruntent un mode de représentation propre au champ architectural : la vue surplombante en plan. Le magazine YAM du chef étoile Yannick Alleno a construit son identité visuelle en mettant à l’honneur en couverture ces vues d’assiettes colorées par les touches de produits, savamment équilibrées et géométrisées, délicatement ombrées. Principalement réalisées par le photographe Nicolas Buisson, ces images révèlent des plans qui ne peuvent qu’inviter les architectes à la gourmandise…







Voir :
http://www.y-a-m.com
http://www.nicolasbuisson.com/
http://www.meuricehotel.fr
http://www.opera-restaurant.fr/
http://www.archdaily.com/122513/le-dauphin-oma/
http://www.lefigaro.fr/sortir-paris/2010/12/13/03013-20101213ARTFIG00695-hache-menu-le-dauphin-meme-pas-ouvert-deja-couronne-trop-fort.php

3 avril 2012

Beau Rendu

Dernièrement, de nombreuses photographies d’architecture m’ont étonné. J’ai ainsi passé plusieurs minutes à observer, à analyser ces images en me demandant si elles étaient des prises de vue réelles, si le bâtiment que je regardais était véritablement construit. C’est le cas de la série de photographies réalisée par Patrick Miara pour un projet de bureaux pour le Conseil Général de Loire atlantique à Nantes conçu par l’agence d’architecture nantaise Forma 6.






De mon point de vue, ce questionnement sur le degré d’irréalité des images d’architecture n’est pas un compliment. Pourquoi lisser autant ? Pourquoi donc s’abstraire à ce point du lieu représenté ? Pourquoi systématiquement exclure les usagers de la construction et toute trace de leurs activités ? Pourquoi surexposer constamment pour obtenir des parois ou des sols immaculés, sans matière ? Pourquoi gommer le grain, la vie ?

Pour se moquer de cette uniformisation continue des canons de la beauté, Jesse Rosten, un jeune réalisateur californien a réalisé une fausse publicité pour ce type de produits embellissant, artificialisant la réalité. Mis en ligne en janvier 2012, voici le premier produit de beauté aussi applicable à l’architecture : Fotoshop by Adobé.





Voir :
http://www.architecture-forma6.fr/
http://www.jesserosten.com/

23 mars 2012

Modes de résistance

Vous avez peut être vu des images des manifestations et meetings de Jean-Luc Melenchon et du Front de Gauche. Et senti la foule vibrer et se mouvoir au mot de résistance. Voici un texte inédit en français de Lebbeus Woods qui s’inscrit à merveille dans cette période d’élections présidentielles…

[…]

Il me semble que si les architectes veulent vraiment résister, alors ni l'idée de résistance, ni sa rhétorique n’ont de place dans ce type de résistance par l’architecture. Ces architectes doivent prendre l'initiative à partir d'un point d'origine qui précède ce qui soulève la résistance. Une pensée profonde au sein d'une idée d’architecture elle-même. Ils ne peuvent jamais se considérer comme des résistants, ou adhérer à des mouvements de résistance, ou prêcher la résistance. Ils doivent plutôt créer des projets, des représentations indépendantes de l'architecture et du monde (et c'est la partie la plus difficile de la résistance). Ce n'est pas quelque chose qui peut être improvisé sur les barricades. Il faut du temps et beaucoup d'essais et d'erreurs. Ce n'est pas seulement parce que les choses auxquelles on résiste ne viennent pas de nulle part. Elles ont une histoire construite sur de longues périodes, une sorte de gravité qui fait d'elles une menace. On ne peut leur résister que par un élan, des idées et des actions de substance équivalente.
[…]

LISTE DE RÉSISTANCE:

Résister à tout ce qui semble inévitable.
Résister aux gens qui semblent invincibles.
Résister à la consolation de ceux qui ont perdu.
Résister à la flatterie de ceux qui ont gagné.
Résister à toute idée qui contient le mot « algorithme ».
Résister à la tentation de dessiner des blobs.
Résister à l'envie de voyager à Paris au printemps.
Résister à l'envie de déménager à Los Angeles à tout moment.
Résister à l'idée que l'architecture est un bâtiment.
Résister à l'idée que l'architecture peut sauver le monde.
Résister à l'espoir d’obtenir de grosses commandes.
Résister à obtenir de grosses commandes.
Résister à la suggestion que vous pouvez lire Derrida en français.
Résister à prendre la voie la plus simple.
Résister à l'influence de la séduction.
Résister à l'envie de faire un projet basé sur un morceau de musique.
Résister à la conviction croissante qu’Ils ont raison.
Résister à la lancinante impression qu’Ils vont gagner.
Résister à l'idée qu’on a besoin d'un client pour faire de l'architecture.
Résister à la tentation de parler trop vite.
Résister à toute personne qui vous demande de concevoir qu’une partie visible d’un projet.
Résister à l'idée que le dessin à la main fait partie du passé.
Résister à toute assertion affirmant que le travail de Frederick Kiesler appartient au passé.
Résister à l'achat de toute sorte d’automobile.
Résister à la tentation d'ouvrir une agence.
Résister à l’idée qu'il ya une réponse à chaque question.
Résister à l’idée que seul le résultat compte.
Résister à l’injonction que vous devez construire vos idées pour prouver leur validité.
Résister aux personnes qui sont satisfaites.
Résister à l'idée que les architectes sont des maîtres d'œuvre.
Résister à accepter les honneurs de ceux que vous ne respectez pas.
Résister au sentiment de panique provoqué par la solitude.
Résister à l'espoir que l'année prochaine sera meilleure.
Résister à l'affirmation que l'architecture est une profession de service.
Résister à la conclusion inévitable qu’Ils ont déjà gagné.
Résister à l’inclination à revenir à la case départ.
Résister à l’opinion qui veut qu’il y ait de l’'architecture sans architectes.
Résister à l'acceptation de votre destin.
Résister à fabriquer des maquettes à partir de treillages de cages a poules.
Résister aux personnes qui vous disent de résister.
Résister à la suggestion que vous pourrez faire ce que vous voulez vraiment plus tard.
Résister à toute idée qui contient le mot « interface ».
Résister au sentiment d'obligation de s’abonner à Domus.
Résister à l'idée que l'architecture est un investissement.
Résister à l’impression que vous devez tout expliquer.
Résister à l'affirmation selon laquelle l'histoire s’intéresse au passé.
Résister à l'insinuation que vous devez être prudent.
Résister à l'illusion que c’est fini.
Résister à l'opinion que c'était un accident.
Résister à la pensée que ce n’est valable que si vous pouvez le faire à nouveau.
Résister à la certitude que l'architecture consiste à « designer » les choses.
Résister aux implications de la sécurité.
Résister à écrire ce qu'Ils veulent entendre.
Résister en pensant que le centre du pouvoir est ailleurs.
Résister à la pensée que quelqu'un sait ce qui va réellement arriver.
Résister à l’assertion que vous avez manqué vos objectifs.
Résister à toute revendication portant atteinte à son autonomie.
Résister à l'indifférence de ses adversaires.
Résister aux concessions faciles de ses amis.
Résister à la pensée que la vie est belle, après tout.
Résister à la sensation que vous devez chercher le pardon.
Résister à l'envie de s'installer à Berlin.
Résister à l’idée qu’il ne faut jamais se compromettre.
Résister à toute pensée qui utilise le l’expression « devrait ».
Résister aux concepts architecturaux qui ont déjà réussis.
Résister à l'idée que l'architecture exprime quelque chose.
Résister à la tentation de le faire juste une fois de plus.
Résister à la conviction que l'architecture influe sur le comportement.
Résister à toute idée qui assimile l'architecture à la propriété.
Résister à sa propre propension à se répéter.
Résister à cette sensation d'épuisement total.

………..
15 Septembre 2003
New York City


Lebbeus Woods, « Modes de résistance », www.autour.architecture.net, 2003, 2012.

13 mars 2012

Lebbeus Who ?

Top

Architecte et théoricien américain né en 1940, je réalise mes premiers projets expérimentaux et utopistes au milieu des années 1970. Alors que mon travail se rapproche formellement de celui de David Libeskind, Thom Mayne ou de Coop Himmelb(l)au je n’ai que très peu construit mais publié plus d’une dizaine d’ouvrages.


Inconnu du grand public, le champ professionnel francophone dédaigne mon travail aussi puisque l’unique article consacré à ma carrière dans une revue d’architecture remonte à 1996. Mais mon influence dans le champ anglo-saxon de la théorie est importante, notamment par le bais de mon blog, ou j’écris à la fois sur les technologies et sur les formes architecturales d’une critique politique.


Passionné de science-fiction, certains de mes dessins ont fasciné les réalisateurs hollywoodiens au point qu’ils s’en sont littéralement inspirés, comme Terry Gilliam dans l’Armée des 12 singes, ou David Fincher dans Alien 3. Mon prénom d’origine biblique concorde étonnamment avec ces films d’anticipation puisqu’il semble tout droit tiré de Matrix…


Je suis, je suis…

Lebbeus Woods !



A suivre….



Voir :
http://www.lebbeuswoods.net/

27 février 2012

Mots-croisés 02


En parcourant les archives du blog, pratique que je vous recommande vivement, je me suis rendu compte que le lien conduisant aux mots-croisés de l’année dernière est invalide et que de fait, personne ne semble avoir trouvé la solution.

Comme tous les médias imprimés, du Monde à Elle en passant par 20 Minutes et le Canard Enchaîné possèdent cette rubrique de jeux, nous récidivons. Voici donc une double livraison de mots-croisés architecturaux que vous pouvez imprimer en A4 ou A5.

A vos critériums !
Image issue du site consacré au 150ème annniversaire de Ildefonso Cerdà et présentant ses plans originaux numérisés :
http://www.anycerda.org/web/

9 février 2012

Une bataille

La reconnaissance de l’architecture moderne comme patrimoine est toujours délicate. La nécessite de conservation, de préservation de bâtiments remarquable de la période des années 30 au milieu des années 1970 se heurte aux sempiternels arguments de laideur, de manque de noblesse, de réalisation en béton…

Certains diffusent cette esthétique moderne, cette cause, en tâchant de réhabiliter voire de sauvegarder ces architectures modernes. C’est le cas des blogs de David Liaudet, Architectures de cartes postales ou encore du tumblr Fuck Yeah Brutalism que je vous invite à consulter régulièrement.



Revenons au combat qui nous intéresse ici. Le court documentaire d’Evan Mather, « A plea for modernism », nous présente un bâtiment très intéressant menacé de destruction : la Phillis Wheatley Elementary School conçue en 1954 par Charles Colbert dans le quartier de Treme à la Nouvelle-Orleans. Un bâtiment à la fois profondément moderne et pleinement d’actualité par les questions climatiques et par la flexibilité des espaces qu’il propose.



Pourtant, malgré pétitions, études contradictoires et manifestations, le bâtiment a été détruit au mois de juin 2011.


La perte d’un bâtiment tel que celui-ci me semble une véritable meurtrissure. D’autant plus que la ville a dévoilé le projet de la nouvelle construction scolaire qui occupera la parcelle. Un bâtiment des architectes Holly & Smith qui me donne envie de vomir.



Une bataille perdue, mais qui sait si nous ne gagnerons pas la guerre…



Voir :
http://archipostcard.blogspot.com
http://fuckyeahbrutalism.tumblr.com/archive
http://docomomo-nola.blogspot.com/2011/06/wheatley-demolition-accelerated.html
http://www.nola.com/education/index.ssf/2011/06/historic_phillis_wheatley_elem.html
http://www.hollyandsmith.com/portfolio/phillis-wheatley-elementary

30 janvier 2012

LanUrbBulGen


Faire bifurquer des circuits omniprésents (bifurcate ubiquitous circuits)

Etudier des plateformes granulaires (survey granular platforms)

Régénérer les utilisateurs verticaux (regenerate vertical users)

Vous vous demandez surement ce que représentent ces dessins et de quel urbaniste visionnaire proviennent ces concepts inédits. Nous les devons à une jeune urbaniste américaine, Sarah Cowles membre de Ruderal Studio, dont « la plus grande contribution à la discipline est le Landscape Urbanism Bullshit Generator ».

Imprégné de second degré, le Bullshit Generator est une critique acerbe d’un urbanisme de la formule reposant souvent sur des concepts fumeux. Basé sur un algorithme aléatoire reposant sur trois variables, le Bullshit Generator créé automatiquement des pseudo-notions urbaines inédites. Une formule simple mais terriblement efficace.

Voici la traduction des verbes apparaissant dans le Bullshit Generator. Une véritable boite à outils du vocabulaire de l’urbanisme :

accélérer, affecter, agréger, allouer, améliorer, amplifier , anticiper, architecturer, assigner, augmenter, autoriser, balancer, bifurquer, calculer, capturer, cartographier, choisir, cibler, conceptualiser, concevoir, contaminer, créer, croitre, cultiver, définir, démultiplier, déployer, déterritorialiser, développer, différencier, diffuser, diversifier, embrasser, émettre, engager, enquêter, équilibrer, établir, étendre, évoluer, examiner, exploiter, faciliter, générer, habiter, hybrider, inciter, incuber, inculquer, infiltrer, initialiser, innover, intégrer, intensifier, lâcher, libérer, mailler, marquer, maximiser, mettre en œuvre, minimiser, monétiser, négocier, optimiser, orchestrer, penser, permettre, peser, planter, prévoir, produire, prolonger, propager, ratifier, rationaliser, recontextualiser, rectifier, récupérer, redéfinir, rééquiper, régénérer, réinventer, réitérer, renforcer, répandre, représenter, responsabiliser, révéler, saisir, schématiser, sédimenter, séparer, stratifier, structurer, synthétiser, tramer, transformer, unifier, urbaniser, utiliser…

Il ne vous reste plus qu’a suivre méthodiquement les instructions et vous aussi essayer :




Voir :
http://www.ruderal.com/

20 janvier 2012

Fanart 0.4


Objet : Rotonde du métro Saint Lazare
Auteur : Lucien Bechmann
Date : 1912
Adresse : Place du Havre, Paris
Coordonnées : 48.8757, 2.3265

12 janvier 2012

2012 en chansons

Je vous souhaite une bonne année à tous, numérique et architecturale en diable! Et comme cette année sera indubitablement marquée par l’élection présidentielle, revenons à la politique. C’est que l’on parle peu d’architecture et d’urbanisme dans les éditoriaux, interviews et autres débats présidentiels. Il existe pourtant des initiatives pour porter la question du logement sur le devant de la scène, comme celle initiée par la Fondation Abbé Pierre et soutenue par Emmaüs France et le Secours catholique.

Mais la relative indifférence médiatique à cette mobilisation nous interroge. Associations, experts et politiques sont-ils les bons vecteurs de ces messages ? Quelques chansons engagées pour la transformation des espaces périurbains ne valent elles pas autant que de longs discours ?




Noca Da Portela, Sergio Mosca, « Eu Sou Favela », notamment reprise par Seu Jorge en 2005.

(...)
La favela n'a jamais été un bastion des marginaux (x2)
Elle est seulement peuplée des gens humbles, marginalisés
Et cette vérité n’est pas dans le journal

La favela est un problème social (x2)
(...)




Renaud, « Dans mon H.L.M. » qui date l’album Marche à l’ombre de 1980.

(...)
Au deuxième, dans mon HLM,
Y a une bande d’allumés
Qui vivent à six ou huit
Dans soixante mètres carrés,
Y a tout l’ temps d’ la musique.
Des anciens d’ soixante-huit,
Y’en a un qu’est chômeur
Y’en a un qu’est instit’,
Y’en a une, c’est ma sœur.
Y vivent comme ça, relax
Y a des mat’lats par terre,
Les voisins sont furax;
Y font un boucan d’enfer,
Y payent jamais leur loyer,
Quand les huissiers déboulent
Y écrivent à Libé,
C’est vous dire s’ils sont cools!

Putain, c’ qu’il est blême, mon HLM!
Et la môme du huitième, le hasch, elle aime!
(...)




Grandmaster Flash & The Furious Five, "The Message", 1982.

(...)
Partout du verre brisé,
Des gens qui pissent dans l'escalier mais je sais qu'ils s'en foutent,
Ras le bol de cette odeur. J'peux plus supporter cette fureur,
J'ai pas d'argent pour m'en sortir et je suppose que je n'ai pas le choix
Les indics guettent devant, les dealers zonent derrière
Et ces junkies qui glandent avec une batte de base-ball.
J'ai essayé de me barrer, mais ça n'a pas marché,
Les flics m'ont enlevé ma tire j'suis obligé de rester

C'est comme une jungle parfois et j'me demande
Comment je fais pour ne pas sombrer
Ne me poussez pas plus loin, je sens que je suis à bout,
c'que je voulais pas surtout, c'est devenir cinglé
(...)


Voir plus:
http://www.mobilisationlogement2012.com/

30 décembre 2011

La dernière truffe du réveillon

En cette toute fin d’année, nous sommes littéralement assaillis par les agences de notation, par d’innombrables best-of, de bêtisiers de l’année, de classements des meilleurs albums, des pires livres, des produits les plus innovants, que sais-je, des meilleurs commentaires de blog ? Sans vouloir mettre de l’huile sur le feu, je voudrai modestement revenir sur un projet intéressant dont je n’ai pas parlé au cours de l’année, et le présenter à un moment ou il pourra trouver toute sa valeur en cette période de marrons glacés et autres douceurs.

Il s’agit d’un petit pavillon d’été, un refuge dans une pinède réalisé à Laxe en Galice par Ensamble studio, une agence formée par Antón García-Abril, Javier Cuesta et Débora Mesa. Un bâtiment dont le concept n’est pas uniquement spéculatif, mais ancré dans le processus de construction de l’édifice.




Coulé en place à même la terre, coffré à l’aide de bottes de paille, débité à l’aide d’une scieuse à câble en diamant, nettoyé par la vache Paulina, doté de menuiseries insérées à même le béton, cette construction à l’état brut forme une cavité complexe qui intègre cheminée, point d’eau et réseaux électriques.



Un projet qui renouvelle la pratique architecturale en questionnant chaque étape de sa réalisation. The truffle, c’est son nom, un projet dont l’idée consiste en sa propre mise en œuvre.


Voir :
http://www.ensamble.info